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n° 31 – 2017/2018. Dossier : « Force de figures. Le travail de la figurabilité entre texte et image »

 
Revues

Date de parution : 2017
Format : 21 x 29,7 cm.
Reliure : cousu fil de lin
Illustrations : 43 ill. en n./b. et 73 ill. couleur.
Pages : 288
Prix public : 39,00 €
ISBN : 978-2-930174-49-5

Disponible dès à présent chez l'éditeur.
En librairie à partir du 23 janvier 2018.

Présentation du dossier

Dans une étude fondatrice, Erich Auerbach décrivait l’évolution philologique du mot figura de ses origines jusqu’à la fin du moyen âge et, ce faisant, identifiait une notion centrale de l’histoire des représentations en Occident. Il y mettait en évidence comment cette figure prend son origine dans une interprétation spirituelle de l’histoire sainte pour devenir, par transfert, un mode de représentation. Ainsi est-elle le produit d’une “alliance de spiritualité et de sens du réelˮ, d’où l’indétermination et l’ouverture qui en constituent la richesse et la complexité. Une telle enquête historique et sémantique peut être prolongée vers la période de transition que constitue la première modernité (XVe-XVIIe siècles). On assiste alors à d’importants glissements de sens qui participent à la constitution des grands champs du savoir, lesquels n’en continuent pas moins de communiquer entre eux, notamment par le biais d’une réflexion commune sur les enjeux de la représentation. La pertinence d’observer les mutations de la figura sur cette période est d’autant plus grande qu’apparaissent alors non seulement de nouveaux genres iconotextuels, comme l’emblématique, mais plus fondamentalement un nouveau mode de penser (dont témoignent ces genres), issu d’une refondation de la pensée figurée dans les termes d’une “symbolique humanisteˮ (ars symbolica), importante à tel point que certains n’ont pas hésité à identifier une aetas emblematica afin de marquer l’imprégnation de ce mode de penser dans tous les domaines de la culture européenne. Par ce biais, la figure, tout à la fois rhétorique, théologique et visuelle, informe profondément l’ensemble des représentations, dans leurs formes et dans leurs sens, produisant en leur sein un champ de tensions et de forces se manifestant à travers des processus d’échanges et de contamination entre ses trois dimensions. Cette prégnance de la figure et de ce travail entre rhétorique, herméneutique et poétique fait en outre émerger une pensée spécifique de la représentation dont les théories s’en trouvent développées et bouleversées entre XVe et XVIe siècles. C’est ainsi que l’on passe du champ de forces de la figura à la mise en valeur du travail de la figurabilité, et que se trouve ex-pliquée leur relation substantielle, impliquée par la dimension protéiforme de la figura ancienne.

 
Entamer et concentrer l’enquête sur le début de la période moderne présente donc un double enjeu, historique et historiographique, ce à quoi ce dossier entend s’attacher. Peut-on d’une part définir des régimes historiques de la figurabilité, ancrés dans les transformations de la figura ? Quelles en seraient les modalités ? L’historicisation permet de mieux comprendre le lien fort entre figura et figurabilité, et ainsi de réintégrer dans la réflexion théorique d’autres composantes de cette figurabilité, qui en accroissent la complexité et renforcent son positionnement au cœur d’une configuration épistémique, dont les paramètres changent au cours du temps. L’enjeu historiographique consiste d’autre part en un retour critique sur l’élaboration de la figurabilité chez des auteurs qui ont renouvelé profondément l’interprétation des images et des textes, tant en amont qu’en aval du tournant freudien. Si le concept n’a été formellement théorisé et utilisé dans les études des arts visuels et poétiques qu’au XXe siècle, il n’en est pas moins déjà élaboré sous d’autres vocables et dans d’autres définitions, précisément par le biais des mutations de la figura.

Agnès Guiderdoni et Ralph Dekoninck
 
 
Sommaire

Dossier : Force de figures. Le travail de la figurabilité entre texte et image

  • Ralph Dekoninck & Agnès Guiderdoni : Introduction
  • Florence Dumora : Force de rêve. Rêve, figural et figurabilité
  • Bernard Vouilloux : Représenter et figurer
  • Bertrand Rougé : La dislocation figurative. L'énergie de la Figuration contre "la fin de l'art"
  • Daniele Guastini : Transfiguration, figure, figurabilité chez Louis Marin
  • Bertrand Prévost : Figure, figura, figurabilité. Contribution à une théorie des intensités visuelles
  • Sara Longo : "Figurer l'infigurable comme infigurable". Quelques réflexions sur la trajectoire de la colombe du Saint Esprit dans les Annonciations. italiennes au temps de l'invention de la perspective
  • Alain Cantillon : Le vide en ses figures
  • Xavier Vert : Devenir, perversion et physionomies dernières : Figurer l’enfer dans la chapelle Sixtine
  • Michel Weemans : La fumée du sacrifice. Double image et figurabilité dans Le sacrifice de Caïn et Abel de Karel de Mallery pour les Tableaux sacrez (1601) de Louis Richeome
  • Bruno Nassim Aboudrar : Moins que la figure
  • Angela Mengoni : L’inachevé toujours là. Figurabilité et montage chez Berlinde De Bruyckere
Word & Image. A Journal of Verbal/Visual Enquiry
  • John Dixon Hunt, Michèle Hannoosh, Catriona MacLeod : Word & Image a 32 ans
  • Sophie Aymes : Évolution de la critique intermédiale dans Word & Image : le cas de l'illustration
  • John Dixon Hunt : Les architectes paysagistes peuvent-ils ôter les voiles d'Isis ?
Varia
  • Marion Colas-Blaise et Maria Giulia Dondero : L’événement énonciatif en sémiotique de l’image : de Roland Barthes à la sémiotique tensive
  • Filippo Fimiani  : Le trop engendre le néant. De la sensibilité des modernes
  • Chakè Matossian : “Invisible mais présent en esprit” : le Séducteur de Kierkegaard
  • Élodie Simon : De l'instance motivique du geste à la composition gestuelle du motif

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